PAPUS
(Docteur Gérard Encausse)
CE QUE DEVIENNENT
NOS MORTS
Introduction
La forteresse familiale
Chapitre premier
Section
de l'aigle
Chapitre deux
Section
de l'homme
Chapitre trois
Section
du lion
Chapitre quatre
Section
du taureau
Epilogue
CE QUE DEVIENNENT NOS MORTS
Introduction
Dans les douceurs de la paix, quand
l'existence coule tranquille et sans angoisse, le phénomène de la mort est un
accident auquel on pense le moins possible.
Mais quand un cataclysme social
comme la guerre vient brusquement enlever non seulement la fleur de l'humanité
dans les armées, mais aussi de pauvres femmes et d'innocents enfants surpris
par l'invasion ou le bombardement, ou brusquement engloutis dans un acte de
piraterie inconcevable pour un cerveau normal, alors la Mort devient un
problème captivant et qui mérite une étude sérieuse et approfondie.
Toutefois, les recherches relatives
à ce phénomène si important pour l'humanité ont été abandonnées à des groupes
opérant généralement avec des idées préconçues.
.Pour les matérialistes, la Mort
est une disparition totale de l'individu suivie d'une transformation physique
et chimique de ses éléments constituants.
Pour le religieux, la mort est la
remontée vers ce paradis énoncé par tous les croyants.
Entre ces deux écoles extrêmes se
constitue peu à peu et avec bien de la difficulté une école expérimentale qui
s'efforce d'étudier le problème de l'après vie comme, tous les problèmes
courants de biologie ou de psychologie transcendantale.
L'auteur voudrait, dans cet opuscule,
faire ses efforts pour exposer aussi impartialement que possible les divers
aspects de cette question d'après toutes les écoles. Mais l'auteur ne cache pas
que, personnellement, il est convaincu de la survivance de l'être humain
au-delà de la mort et de la possibilité, dans certains cas, d'établir un
rapport entre le plan où vit le " mort de la terre " et le plan où
pleurent et souffrent les habitants de ladite terre.
Cette déclaration faite afin de ne
pas laisser considérer ce travail comme la compilation d'un sceptique, l'auteur
fera tous ses efforts pour ne froisser aucune opinion et pour présenter du
mieux possible les arguments qu'il estime les plus clairs et les plus
scientifiquement établis.
La forteresse familiale
Pauvres êtres, aujourd'hui
désespérés, vous aviez construit avec patience votre nid social ! Grâce à vos
privations, le fils était assuré de la tranquillité de sa vie matérielle, votre
fille, élevée dans les bons principes, avait une dot sérieuse qu'elle gérerait
elle-même avec intelligence...
Votre petite forteresse sociale et
familiale était égoïstement protégée contre tous les risques. Valeurs à lots,
assurances multiples, immeubles de bon rapport, tout contribuait à éloigner de
vous ces heures d'angoisses dans lesquelles se débattent les artistes
imprévoyants, les petits employés et les besogneux de toute espèce.
Mais brusquement le coup de
tonnerre est venu : la guerre
Votre fils, qui venait d'obtenir
son diplôme d'architecte, est parti bravement 'comme sous-officier. C'est un
Français. Votre gendre, marié depuis six mois à peine, est parti, comme soldat
d'infanterie...
Et la forteresse familiale a
disparu et les heures d'angoisse ont commencé. C'est alors que les femmes, la
mère et la fille, se sont révélées dans tout l'épanouissement de leur cœur.
Elles ont aidé les autres femmes plus malheureuses qu'elles matériellement,
mais non moralement car l'angoisse étreint pareillement toutes celles qui ont
des leurs... là-bas.
Et les jours se sont, succédé,
coupés par de rares nouvelles des combattants...
Puis les lettres du fils se sont
brusquement arrêtées. Vos chers envois sont revenus avec la mention "Ce
paquet n'a pu joindre le destinataire". Puis une nouvelle officielle brève
: le sergent X est porté "Disparu" à telle date, en tel endroit... Le
calvaire commence alors : recherche des camarades pouvant fournir un détail
quelconque, vous savez qu'on l'a vu tomber, blessé, à la tête de sa section...
Le silence en réponse à toutes vos démarches... Les hypothèses folles hantent
nuit et jour votre imagination.
Enfin, pour tout achever, nouvelle
officielle de la mort de votre gendre, juste le lendemain du jour où sa femme
lui annonçait une naissance prochaine et tous les trois vous vous trouvez face
à face avec deux terribles puissances : le destin, implacable et inconnu, la
mort...
Que deviennent tous les petits
calculs humains, toutes les petites combinaisons calmes de la vie courante
devant l'apparition dominatrice de ces forces auxquelles on ne pensait jamais ?
L'individu a disparu devant la
collectivité. La famille a paru devant le social et chaque atome humain a été
désorbité pour devenir une cellule de défense de la Patrie en danger...
Pourquoi cet implacable destin ?
QUE DEVIENNENT NOS MORTS ?
C'est ce que nous allons maintenant
demander à ceux-là que ces questions passionnaient déjà avant la guerre. Chaque
division de notre étude correspondra à une des parties du sphinx antique :
l'Aigle, l'Homme, le Lion, le Taureau.
CHAPITRE PREMIER
SECTION DE L'AIGLE
L'intuition féminine. L'idéal.
Le cerveau raisonneur et sceptique
de l'homme a besoin d'arguments secs, précis et appuyés sur des faits.
Mais pour vous, mères, épouses,
sœurs qui pleurez un cher disparu, cette argumentation est inutile.
Votre intuition suffit.
Gardiennes des forces les plus
subtiles de la nature, quelque chose réside en vous, qui parle plus clairement
et plus haut que tous les raisonnements compliqués des hommes.
Vous sentez et vous savez que les
"chers morts" sont là autour de vous. Ils viennent en un songe trop
peu souvent renouvelé embrasser la mère ou l'épouse aimée... le petit enfant
que les forces terrestres n'ont pas encore accaparé tout à fait vit aussi
"sur les deux plans" et il aperçoit, à l'état de veille, le "papa
soldat" que la mère pleure en cachette !
Hallucinations, troubles nerveux,
folies, dit le savant... Mais la femme sent bien que ce sont là des réalités
plus hautes que les réalités terrestres.
Le chien malade lâché dans la
campagne trouve l'herbe nécessaire à sa guérison et pourtant la pauvre bête n'a
perdu son temps dans aucune école. Mais une foi circule en lui, plus
infaillible que la science de beaucoup d'humains et cette force c'est
l'intelligence de la nature que le profane appelle instinct.
Or, vous êtes les gardiennes
sacrées de cette intelligence formatrice de la nature, ô femmes, dans toutes
les classes sociales...
Ecoutez donc au fond de votre cœur
le murmure de cette voix mystérieuse qui n'est perceptible que pour vous...
Rappelez-vous que la même voix
enchanta jadis votre cœur de jeune fille quand le fiancé vous parlait pendant
les longues et inoubliables promenades.
Puis, quand le petit enfant est né,
avant même qu'il pût parler, la douce et mystérieuse voix se fit encore souvent
entendre...
Et maintenant, au plus profond de
la douleur, la voix crie encore : non, mère, ton fils n'est pas disparu sans
recours... Le créateur, c'est le Père divin et un père n'est jamais un
bourreau.
Il est tombé pour tous les autres
et par là il est devenu une des lumières des cieux invisibles... Un rideau le
sépare de toi et ton amour saura faire lever ce rideau... Courage, femme
écrasée par la douleur, espère, prie et garde pour toi seule les paroles de la
voix...
Que ton cœur se ferme aux profanes
et aux profanateurs renvoie les savants et les sceptiques à leurs études... et
toi rappelle le cher disparu, prie ceux qui sont là-haut de t'éclairer et la
douce Vierge de lumière étendra sur toi son voile de pourpre céleste et d'or
astral... et derrière ce voile tes chers morts te souriront et te béniront.
C'est à vous donc que je fais appel
tout d'abord, ô femmes qui avez perdu un être cher fils, mari ou parent proche
; c'est à vous dont l'intuition n'a pas été déformée par la science complète du
siècle que je m'adresse. N'est-ce pas que vous savez bien que l'être aimé n'est
pas disparu pour toujours ? N'est-ce pas que vous sentez la vérité de
l'affirmation de toutes les religions de la terre et surtout de la vôtre, quand
elles vous disent que la mort n'est qu'une transformation momentanée ?
Vous avez la certitude au fond de
votre être que vous reverrez le disparu d'autant plus sûrement qu'il s'est
volontairement sacrifié pour sa Patrie.
Et cette intuition mystérieuse est
le relief de la vérité même, le disparu a changé d'état, mais il est toujours
lui-même plus élevé encore que son sacrifice. Il est toujours lié aux êtres
demeurés sur terre par l'amour qui est impérissable, un simple rideau l'en
sépare et ce rideau peut parfois être levé.
Que votre cœur se calme donc, que
l'angoisse douloureuse abandonne votre être et soyez, confiante et forte, femme
que la nature a élue pour conserver ses formes les plus précieuses et ses
germes les plus secrets. Séchez vos larmes, car celui que vous pleuriez n'est
pas loin. Il est comme un voyageur cheminant dans une contrée nouvelle et ne
pouvant encore communiquer facilement avec ceux qui sont restés... là-bas.
Cherchez dans le calme de l'Esprit
à percevoir le rayonnement de son amour. Sentez bien comme il entoure de sa
présence ses petits enfants et tous ceux qu'il a laissés. Demandez ardemment
aux êtres plus élevés que nous de vous assister. Priez selon le rituel de votre
religion et alors il vous sera peut-être donné de revoir dès ici-bas le
disparu, car la mort n'a plus de terreur pour qui connaît les mystères et n'est
alors qu'un simple changement où la terre reprend le corps qu'elle avait prêté
à l'Esprit pour une existence et où cet Esprit, libéré et, revêtu d'un nouveau
corps plus subtil, évolue dans un nouveau plan.
Priez donc et le voile se lèvera
pour vous.
Nous allons maintenant nous
efforcer de vous expliquer tous ces termes : Esprit, corps subtil, Plan et plus
tard nous reprendrons cette explication, pour les cerveaux fermés des hommes
raisonneurs et sceptiques. Que ceux-là considèrent pour le moment ces pages
comme une douce rêverie, elles ne sont pas écrites pour eux...
Chapitre Il
SECTION DE L'HOMME
Constitution de l'être humain.
- La mort et l'évolution des trois
principes.-
- Le cerveau humain et son
évolution.-
Les sceptiques devenus croyants.
I
Constitution de l'être humain
Il serait impossible de comprendre
quelque chose à ce que nous dirons des transformations de l'être humain après
la mort, si nous ne disions pas dès maintenant sa constitution pendant la vie.
Bien entendu, nous n'entrerons dans aucun détail concernant la démonstration de
nos dires, puisque de gros volumes sont consacrés par de nombreuses écoles à
cette question.
Pour être clairs, ce qui est notre
but principal, nous rappellerons que l'être humain était considéré par les
anciens initiés comme réunissant pendant la vie terrestre trois principes ou
éléments de constitution :
1° Le Corps physique, prêté par la
terre pour une existence et rattaché à cette terre par les aliments au moyen
desquels elle pourvoit à la croissance, puis à l'entretien de ce corps
physique.
2° La Vie, qui est comme une
étincelle jaillissant entre les deux pôles de constitution de l'homme - le
corps en bas, l'esprit en haut. La vie est rattachée par la respiration à
l'atmosphère terrestre et l'atmosphère terrestre est rattachée à la lumière du
soleil qui la dynamise. La respiration rattache donc l'homme aux forces émanées
des Astres, dont le Soleil est le centre de direction.
Aussi la vie a-t-elle reçu une
foule de noms qui embrouillent bien le pauvre débutant en ces études. Saint
Paul l'appelle l'âme (Corpus, Anima et Spiritus), les Ecoles spirites
l'appellent le périsprit, les Occultistes le corps astral... et nous n'en
finirions pas s'il fallait citer les noms hébraïques, égyptiens, chinois,
sanscrits donnés à ce principe de la vie qui a intéressé tous les chercheurs.
3° L'esprit immortel, rattaché par
l'intuition, la sensibilité et la volonté aux forces du Plan invisible.
Pendant la vie terrestre, ces trois
principes sont intimement unis les uns aux autres. L'esprit se libère pendant
le sommeil et laisse la vie nettoyer le corps et faire marcher les organes qui
dépendent directement de la vie organique.
Résumons : trois principes
constituent l'homme incarné
Le Corps physique, la Vie,
l'Esprit.
Le Corps physique rattaché à la
terre, la Vie rattachée aux astres, à la vie universelle, l'Esprit rattaché aux
Forces supérieures et au Plan divin.
Laissons de côté toutes les
analyses de ces principes constituants en sept, neuf ou vingt et un éléments.
Cela ne change rien à la question et ne fait qu'embrouiller des choses bien
claires.
Qu'arrive-t-il de nos trois
principes au moment de la mort ?
L'étincelle vitale s'éteint et la
vie, ou mieux la force vitale, se groupe en deux pôles :
- Une partie, la plus lumineuse,
reste autour de l'Esprit et forme le char astral, le char de l'âme (Pythagore),
le corps subtil qui enveloppe l'esprit dans le plan des astres ;
b) Une autre partie, la plus
obscure, reste dans le corps physique devenu cadavre.
Le cadavre retourne à la terre,
comme un habit usé retourne chez le fripier. Les mites peuvent détruire
l'habit, comme la terre peut reprendre son bien à son gré, mais ce cadavre
n'est rattaché que par un lien très subtil à l'Esprit qui l'habitait.
Ce n'est pas au cadavre qu'il faut
rendre un culte, c'est à tout ce que l'être disparu a laissé d'amour et de
pensées sur la terre.
Enfin, l'Esprit garde sa
personnalité complète. Le choc du passage d'un plan à l'autre obscurcit bien ses
facultés pendant un moment, mais il est entouré de tous les siens partis avant
lui. S'il est mort pour la collectivité, il est de plus aidé par des êtres
spirituels qui le délivrent de toute souffrance possible. S'il faut pleurer sur
quelqu'un, c'est, certes, sur les pauvres aveugles de la terre et non sur cet
esprit libéré par le sacrifice et illuminé par l'offrande de sa vie terrestre
en vue de sauver la collectivité de sa Patrie.
Tel est l'enseignement des
Sanctuaires depuis plus de sept mille ans. Cette existence personnelle après la
vie terrestre, tous les initiés en étaient sûrs, parce qu'ils l'avaient vécue
expérimentalement. L'initiation aux mystères d'Isis n'avait pas d'autre but
dans sa partie élémentaire et l'initiation à tous les mystères dans tous les
pays avait le même objectif.
En sanscrit, on nomme
"Dvija" ou "vivant sur les deux plans" celui qui connaît
pratiquement ces vérités.
C'est donc par suite d'un arrêt
dans les études scientifiques ou d'une déformation de ces études que certains cerveaux
ont pu croire de bonne foi que tout devenait dans l'homme choux, carottes ou
fleurs sauvages après la mort.
La nature est la plus méticuleuse
des avares et elle n'aurait pas passé des siècles à faire évoluer un cerveau
humain, pour annihiler en une minute l'effort lent et progressif de tant
d'années.
L'esprit humain survit à la mort
physique et tout nous conduit à vérifier cette affirmation.
II
La mort et l'évolution des trois
principes
Nous n'avons pas tous été en Chine
et cependant nous ne doutons pas de l'existence effective de ce pays, parce que
nous avons confiance en les voyageurs qui en reviennent et qui nous en parlent
et dans un grand nombre d'autres preuves qui nous donnent la certitude que la
Chine existe.
Mais dès qu'il s'agit des autres
plans d'existence, notre certitude est bien amoindrie. Les sceptiques disent :
" personne n'est jamais revenu dire ce qui se passe là-bas... ". Et
les sceptiques ont tort, car certains des pâles voyageurs sont revenus nous
parler... Et puis tout ce qui touche à, ce plan d'une nouvelle existence dans
un autre corps que le physique fait peur aux cerveaux mal préparés à la
conception calme des réalités, quelles qu'elles soient, et l'on se dit :
"quand j'y serai, je verrai bien ".
Par contre, ceux qui sont encore
dans le plan physique ceux qui restent de ce côté pendant que les êtres chers
sont partis, voudraient savoir..., voudraient avoir de minutieux détails. C'est
pour eux que nous écrivons ces pages.
Sachons d'abord que si, pour un
savant initié aux antiques mystères d'Egypte, les phases de la Mort étaient
aussi connues que celles de la Naissance pour un médecin (puisque l'initiation
consistait justement à se rendre compte pratiquement de ces phases) pour un
cerveau contemporain, il en est tout autrement.
Les sciences psychiques sont en
phase de constitution au point de vue des corps scientifiques dits
"sérieux". Certains spécialistes des Académies vouées à ces
recherches admettent qu'il y a "quelque chose", mais sans aller
jusqu'aux affirmations des Spirites ou des Occultistes.
Nous tenons donc à bien poser dès
maintenant le caractère de notre travail et à dire que certaines de nos
affirmations dérivent de nos expériences et de nos études personnelles, bien
que nous ayons la certitude que tout cela sera scientifique dans vingt ans,
comme c'était scientifique vers l'an 2600 avant Jésus-Christ.
Le phénomène de la mort nous
apparaît, au point de vue purement physiologique, comme caractérisé par les
faits suivants :
1° Rupture de l'équilibre des
forces qui produisaient l'étincelle vitale ;
2° Dédoublement de l'être humain en
deux sections : a) le cadavre ; b) un autre corps plus subtil que le cadavre et
qui se dégage de ce dernier ;
3° Manifestation possible et
évolution des facultés intellectuelles restées dans ce second corps fluidique,
après le choc causé à ces facultés par le phénomène de la Mort...
III
Le Cerveau humain et son Evolution
Le cerveau humain est un organe qui
évolue comme tous les autres organes. Il digère les idées et personnalise des
pensées, comme l'estomac digère des aliments et les prépare à former de la
substance humaine personnalisée.
Il y a des cerveaux de tout âge
chez des hommes d'âge différent : un homme de soixante ans qui n'a jamais
utilisé ses facultés intellectuelles peut avoir un cerveau de dix ans tandis
qu'un artiste de vingt ans qui a déjà souffert et qui a créé sa personnalité à
travers les épreuves peut avoir un cerveau de cinquante ans. Il y a des
cerveaux qui rayonnent et d'autres qui absorbent.
Enfin, il y a différents stades
dans le développement des fonctions du cerveau :
Tout d'abord, l'être humain ne se
différencie pas de la masse : il croit ce qu'on lui dit de croire, il ne mûrit
pas par une nouvelle digestion les idées qu'on lui sert toutes prêtes. Si
l'enseignement qu'il a reçu est religieux, il croit aux idées religieuses ; si,
au contraire, l'enseignement primitif est irréligieux et prend sa source dans
les journaux à tendances démagogiques ou dans les feuilletions dits populaires,
alors cet être ne croit à rien en dehors de la vie matérielle et de son
amélioration par "la lutte des classes". Nous ne critiquons rien,
nous constatons.
Au second stade du développement
cérébral commence la création de la personnalité intellectuelle.
L'individu nie d'abord tout ce
qu'il a appris dans le premier stade. S'il a été élevé dans un milieu croyant,
il devient tout à fait incroyant, et il n'est réellement capable d'évoluer que
lorsqu'il est devenu entièrement matérialiste et athée.
C'est du sein de cette noirceur
cérébrale, de cette négation de tout acquis antérieur que sortira plus tard la
rouge croyance raisonnée et personnelle. Mais il faut auparavant que le cerveau
s'organise et traverse les phases de : doute, négation, matérialisme, puis positivisme,
création d'un système personnel, et enfin : croyance raisonnée et dérivée des
faits et des pensées individuelles.
Le matérialiste sent parfaitement
que son cerveau est plus évolué que celui du croyant du début, mais le
matérialiste se figure qu'il est aussi plus évolué que le croyant par création
personnelle, et c'est là son erreur.
Pour se rendre, compte de
l'existence effective de ces différents stades de l'évolution cérébrale, il
suffit de lire avec soin la vie d'Auguste Comte, le créateur du positivisme,
qui est devenu mystique à la fin de ses jours, par évolution normale du cerveau
et cela au grand scandale de ses disciples, restés en route, qui l'ont cru fou.
IV
Les Sceptiques devenus Croyants
Il existe toute une bibliothèque de
volumes consacrés au problème que nous ne faisons qu'esquisser ici.
Dans une excellente brochure
L'au-delà et la survivance de l'être, l'auteur, Léon Denis, bien connu de tous
les psychistes, écrit à propos des sceptiques devenus croyants quelques lignes
que nous nous faisons un plaisir de citer en renvoyant le lecteur à l'ouvrage
entier :
N'est-ce pas là une chose singulière ? Jamais
peut-être on n'avait vu un ensemble de faits, considérés d'abord comme
impossibles, dont l'idée ne soulevait dans la pensée de la majorité des hommes
que l'antipathie, la méfiance, le dédain, qui étaient en butte à l'hostilité de
plusieurs institutions séculaires, finir par s'imposer à l'attention et même à
la conviction d'hommes instruits, de savants compétents, autorisés par leurs fonctions
et leur caractère.
Ces hommes, d'abord sceptiques, en sont venus,
par leurs études, leurs recherches, leurs expériences, à reconnaître et à
affirmer la réalité de la plupart des phénomènes spirites.
Sir Williams Crookes, le plus grand physicien des
temps modernes, après avoir observé pendant trois ans les matérialisations de
l'esprit de Katie King et les avoir photographiées, a déclaré : Je ne dis pas :
cela est possible, je dis : cela est.
On a prétendit que Crookes s'était rétracté.
Or, il a répondu lui-même à cette insinuation dans son discours d'ouverture au
Congrès de Bristol, comme président de l'Association britannique pour
l'avancement des sciences. Parlant des phénomènes qu'il a décrits, il ajoute :
Je n'ai rien à rétracter, je m'en
tiens à mes déclarations déjà publiées. Je pourrais même y ajouter beaucoup.
Russel Wallace, de l'Académie Royale de
Londres, dans son ouvrage intitulé : Le Miracle et le moderne spiritualisme, a
écrit : J'étais un matérialiste si parfait et si éprouvé que je ne pouvais, en
ce temps, trouver place dans ma pensée pour la conception d'une existence
spirituelle... Les faits, néanmoins, sont choses opiniâtres : les faits m'ont
vaincu.
Le professeur Hyslop, de l'Université de
Columbia, New York, dans son rapport sur la médiumnité de Madame Piper
entransée, a dit :
A en juger d'après ce que j'ai vu
moi-même, je ne sais comment Je pourrais me dérober à la conclusion que
l'existence d'une vie future est absolument démontrée.
F. Myers, professeur à Cambridge, dans son bel
ouvrage : La Personnalité humaine (Paris, Alcan, 1905), en arrive à cette
conclusion : Que des voix et des messages nous reviennent d'au-delà de la
tombe.
Parlant de M. Thompson, il ajoute : Je crois
que la plupart de ces messages viennent d'esprits, qui se servent
temporairement de l'organisme des médiums pour nous les donner.
" Richard Hodgson, président de la
Société américaine de Recherches psychiques, écrivait dans les "
Proceedings of Society Psychical Research" : Je crois, sans avoir le moindre
doute, que les communicants spirites sont bien les personnalités qu'ils disent
être ; qu'ils ont survécu au changement que nous appelons la mort, et qu'ils
ont communiqué directement avec nous, les soi-disant vivants, par
l'intermédiaire de l'organisme de Mme Piper endormie.
Le même Richard Hodgson, décédé en décembre
1906, s'est communiqué depuis à son ami James Hyslop, entrant dans des détails
minutieux au sujet des expériences et des travaux de la Société des Recherches
psychiques. Il explique comment il faudrait les conduire de manière à prouver
son identité.
Ces communications sont transmises par
différents médiums qui ne se connaissent pas, et elles se confirment les unes
par les autres. On reconnaît les mots et les phrases qui étaient familiers au
communicant pendant sa vie.
" Sir Olivier Lodge, recteur de
l'Université de Birmingham et membre de l'Académie royale, écrit, dans The
Hilbert Journal, ce qui suit, reproduit par le Light, du 8 juillet 1911 "
:
Parlant pour mon compte et avec le
sentiment de ma responsabilité, j'ai à constater que comme résultat de mon
investigation dans le psychisme, j'ai à la longue et tout à fait graduellement
acquis la conviction, et suis maintenant convaincu, après plus de vingt ans
d'études, non seulement que la persistance de l'existence personnelle est un
fait, mais qu'une communication peut occasionnellement, mais avec difficulté et
dans des conditions spéciales, nous parvenir à travers l'espace.
Et dans la conclusion de son livre récent : La
Survivance humaine, il ajoute :
Nous ne venons pas annoncer une
nouvelle extraordinaire ; nous n'apportons aucun moyen de communication, mais
simplement une collection de preuves d'identité soigneusement établies, par des
méthodes développées quoique anciennes, plus exactes et plus voisines de la
perfection, peut-être, que celles obtenues jusqu'ici. Je dis "des preuves
soigneusement établies", car l'ingéniosité avec laquelle elles ont été
préparées se rencontre autant de l'autre côté de la barrière que du nôtre ; il
y a eu distinctement coopération entre ceux qui sont dans la matière et ceux
qui n'y sont pas.
Le professeur W. Barrett, de l'Université de
Dublin, déclare (Annales des Sciences psychiques, novembre et décembre 1911) :
"Sans doute, pour notre part,
nous croyons qu'il y a quelque intelligence active à l'œuvre derrière
l'automatisme (écriture mécanique, transe et incorporations) et en dehors de
celui-ci une intelligence, qui est plus probablement la personne décédée
qu'elle affirme être, que toute autre chose que nous pouvons imaginer... Il est
malaisé de trouver une autre solution au problème de ces messages et de ces
correspondances croisées, sans imaginer une tentative de coopération
intelligente entre certains esprits désincarnés et les nôtres."
Le célèbre Lombroso, professeur à l'Université
de Turin, écrivait dans la Lettura :
Je suis forcé de formuler ma
conviction que les phénomènes spirites sont d'une importance énorme, et qu'il
est du devoir de la science de diriger son attention sans délai sur ces
manifestations.
M. Boutroux, membre de l'Institut et
professeur à la Faculté des Lettres de Paris, s'exprime ainsi dans le Matin du
14 mars 1908 :
Une étude large, complète, du
"psychisme" n'offre pas seulement un intérêt de curiosité, même
scientifique, mais intéresse encore très directement la vie et la destinée des
individus et de l'humanité.
Le savant M. Duclaux, directeur de l'Institut
Pasteur, dans une conférence faite à l'Institut général psychologique il y a
quelques années, disait : Je ne sais si vous êtes comme moi, mais ce monde
peuplé d'influences que nous subissons sans les connaître, pénétré de ce quid
divinum que nous devinons sans en avoir le détail, eh bien !
Ce monde du psychisme est un monde
plus intéressant que celui dans lequel s'est jusqu'ici confinée notre pensée.
Tâchons de l'ouvrir à nos recherches. Il y a là d'immenses découvertes à faire
dont profitera l'humanité.
Toutes ces citations s'appliquent à
des positivistes prêts à passer du système personnel, qu'ils se sont fait, à
toute une série de croyances raisonnées qui les amènera peu à peu à cet état du
cerveau que les écoles orientales comparent à une eau tranquille, dans laquelle
peuvent se refléter et parvenir jusqu'à la conscience de l'état de veille tous
les enseignements reçus par l'esprit humain, dans les Plans Invisibles de la
Nature.
Cette évolution des croyances peut,
ce qui est rare, se réaliser entièrement dans une seule vie humaine, comme dans
le cas d'Auguste Comte ; soit, plus fréquemment, demander plusieurs existences.
Dans le premier stade, alors que
l'homme se contente d'admettre, sans les discuter, les idées qu'on lui
présente, on peut placer tous les êtres capables de croyances aveugles et
légèrement superstitieuses, telles, par exemple, que la croyance à saint
Antoine de Padoue pour retrouver un objet perdu, obtenir une place, et tous
ceux enfin qui suivent machinalement d'après une impulsion primitive les
préceptes d'une religion quelconque.
Dans le deuxième, le cerveau
commence à vouloir connaître les limites de son domaine, il pénètre dans le
pays du doute et de la négation. On peut y placer toutes ces grandes
intelligences qui n'ont pas encore rencontré leur voie et qui, de Galilée à
Tolstoï, ont étonné le monde par la lutte constante de leur génie avec la
terrible, immuable et unique vérité.
Comme prototype du cerveau qui a
pénétré dans le froid équilibre du troisième stade, celui du Matérialisme pur,
qui est souvent fataliste, nous indiquerons le médecin positiviste et athée,
n'ayant jamais trouvé l'âme sous son scalpel, pas plus du reste que le
mécanicien ne trouve le télégraphiste en démontant un appareil ou le violoniste
en brisant le violon. Le médecin matérialiste nie froidement tout ce qui ne
tombe pas dans sa logique mentale. Même si son cœur venait à enregistrer tout à
coup une vivante et merveilleuse vérité, son cerveau se fermerait et ne
laisserait pas passer jusqu'à sa conscience cette vérité étrangère. Les faits
qui n'entrent pas dans sa manière de voir sont purement et simplement rejetés
sans examen.
Puis, sous l'influence d'une
douleur, peut-être, viennent les " lueurs nouvelles " ; le
Positiviste ne recule plus devant les faits les plus contraires à sa manière de
voir, mais il les étudie d'une façon impartiale : citons ici les noms de Lodge,
Myers, Russel Wallace, Lombroso, Charles Richet, etc.
Voici maintenant le cinquième
stade, dans lequel nous classerons tous les cerveaux qui ont réussi par l'étude
des faits à se créer un système personnel plus ou moins rapproché de
l'enseignement de la tradition. Peu à peu ils seront amenés, non plus à la
croyance aveugle, mais à la croyance expérimentale, raisonnée.
C'est alors à tous ses degrés, la
connaissance directe par le cœur des grandes vérités spirituelles, mais c'est
en même temps la réception dans le cerveau de ces vérités grandioses. C'est
l'équilibre parfait entre les facultés féminines et masculines de l'être
humain. La lumière merveilleuse de la Foi illumine alors les cellules
cérébrales, qui, à leur tour, adaptent à la vie physique, parfois en les
recouvrant d'un voile nécessaire, les connaissances spirituelles parvenues
jusqu'à elle.
Alors, enfin, l'organisme physique
de l'homme constitue pour, son principe directeur l'âme, un instrument parfait.
L'évolution cérébrale est terminée pour la terre.
CHAPITRE III
SECTION DU LION
Les trois plans.
- Les forces dans les trois plans.
-
- Communication entre les plans. -
- L'Expérimentation. -
- Union du Visible et de
l'Invisible. -
- Les erreurs et les pièges.-
- La Foi active et la Prière. -
I
La Notion des Plans
Lorsqu'on lit pour la première fois
les ouvrages des écrivains qui se sont voués à l'étude des forces invisibles,
on est arrêté par de nombreux termes techniques. En poursuivant ces lectures et
en contrôlant un auteur par l'autre, on arrive vite à comprendre ce jargon
spécial et on se reconnaît fort bien dans les termes de : périsprit, forces
métapsychiques, corps astral, plan astral, plan mental, forces Kama manasiques,
esprits supérieurs, etc., etc.
Il est toutefois des termes sur lesquels
nous croyons devoir insister dès maintenant, entre autres celui de plans.
Mettons dans un verre à expériences
1° Du Mercure
2° De l'Eau ;
3° De l'Huile.
Ces trois substances ne se mêlent
pas. Elles forment dans le verre trois couches ou plans.
Si nous supposons ces substances
habitées par des êtres vivants : végétaux inférieurs, bactéries, ou autres,
nous aurons :
Les habitants du plan de Mercure en
bas.
Les habitants du plan d'Eau au
milieu.
Enfin les habitants du plan d'Huile
en haut.
Tous ces êtres et toutes ces
substances sont dans le même verre et cependant ils ne communiquent pas les uns
avec les autres : ils sont séparés par la Densité de chacun des milieux où ils
évoluent.
Or, les occultistes ont divisé la
Nature en trois tranches ou plans correspondant à l'image que nous venons
d'analyser.
En bas, il y a le plan matériel
formé de tout ce qui est visible et matérialisé aussi bien sur Terre que dans
toutes les planètes ; c'est le plan des corps physiques et des forces
physiques.
Au-dessus ou au-dedans de ce plan,
existe le plan des forces vitales, des forces animatrices. La vie qui circule
en notre corps est un exemple de cette force. Or, cette vie, d'après les
enseignements de l'antique science égyptienne, cette force vitale qui circule
en nous est la même force qui circule dans les astres. Aussi a-t-on donné le
nom de forces astrales aux forces de ce plan nommé lui-même : plan astral.
Au-dessus encore, nous trouvons le
plan des forces spirituelles, de la Personnalité, de la Volonté qui repousse ou
accepte les épreuves, enfin de toutes les manifestations de l'esprit immortel
relié directement au plan divin.
Nous avons employé ici les
expressions : en bas, au milieu en haut, pour la seule satisfaction des
habitudes de notre cerveau.
En réalité, les divers plans sont
en dedans les uns des autres, ils se pénètrent sans se confondre, comme un
rayon de soleil traverse une vitre sans faire corps avec elle, comme le sang
circule dans le corps en se renfermant toutefois dans ses vaisseaux.
Il n'y a donc pas à chercher un
lieu spécial, un endroit physique où sont cantonnés les Morts de, la Terre. La
tradition enseigne bien que certains être chargés de matière, après leur mort,
sont cantonnés dans les cônes d'ombre que chaque planète traîne après elle dans
les cieux, mais c'est là une exception. En général nos morts sont dans le même
lieu que nous, mais dans un autre plan de ce lien, comme l'huile, l'eau et le
mercure sont dans le même verre et cependant ils se mêlent encore moins que les
plans du visible et de l'invisible, qui, eux, se pénètrent les uns les autres
complètement.
C'est donc par une confusion
regrettable que certains auteurs ont voulu "loger" les morts dans un
endroit quelconque du plan physique. On les a placés au centre de la Terre,
puis dans les autres planètes, puis dans des soleils divers. Il est clair que
tout cela est possible, mais dans le plan astral de ces différents endroits et
non dans le plan physique qui est réservé aux corps physiques matérialisés et
incarnés.
Mais
peut-on faire passer un être momentanément, du plan invisible ou astral dans le
plan visible ou physique ? C'est la grande question des évocations dont nous
dirons tout à l'heure quelques mots, mais nous devons encore insister un peu
sur cette notion des plans, car il importe de s'en faire une idée aussi nette
que possible.
La notion des plans joue, en effet,
un rôle considérable dans l'étude des problèmes psychiques, et beaucoup de
confusions ou d'inventions sans portée proviennent précisément de l'obscurité sur
cette notion des plans.
Ainsi, tout être du plan physique,
tout être incarné et matérialisé ne peut être enfermé que dans un cube ou mieux
dans un corps à trois dimensions ; ce qui veut dire en langage clair que
lorsque l'on veut "boucler" un apache, il faut le mettre entre quatre
murs avec une porte solide, un plafond à l'abri des fuites et un plancher de
même. Cage à mouches, ou cellule de prison centrale, c'est un cube ou une forme
à trois dimensions, qui est nécessaire pour enfermer un être du plan physique :
mouche ou apache.
Que nos lecteurs encore peu
habitués à notre jargon nous excusent maintenant si nous sommes peu clair, nous
chercherons à mieux nous expliquer tout à l'heure.
Si je veux enfermer un rayon de
soleil, un rayon d'astre, mon cube ne servira plus de rien ; s'il est constitué
par une cage à mouches, le soleil passera au travers, s'il s'agit d'une cellule
de prison, il traversera les vitres, mêmes épaisses, sans se laisser saisir.
Mais si je me sers d'une plaque
photographique, un rayon de soleil va décomposer les sels d'argent et se fixer
sur la plaque avec les images qu'il colorait.
Une surface plane, un plan de
mathématicien suffit ici pour retenir un rayon astral.
Or, l'Occultisme enseigne que des
êtres spéciaux circulent dans tous les rayons des astres ; ces êtres n'ont pas
de corps physiques, mais un corps de rayons lumineux appelé corps astral. Le
plan sur lequel ces êtres vivent est appelé plan astral.
Pour enfermer ces êtres, il suffit
d'une surface plane formée par la rencontre de deux ou trois lignes.
Enfin, si j'ai une idée que je ne
veux communiquer à personne, je la garde pour moi, tapie dans un point de mon
cerveau et c'est là un, petit être spirituel dont je me servirai plus tard à ma
guise.
Cet être spirituel peut, par l'emploi
du Verbe, aller émouvoir cent points cérébraux semblables au mien. Portée sur
le char verbal, l'idée a multiplié et a revivifié d'elle-même. Là, plus de
prison possible, ni le cube, ni le plan ne peuvent l'enfermer. Son essence est
la liberté.
C'est le caractère du plan
spirituel ou plan des êtres divins dont notre esprit est une étincelle.
Pour conclure : il y a un plan
physique avec des êtres physiques, pourvus d'un corps physique et dont le cube
ou la construction à trois dimensions est le logement nécessaire : chambre,
palais ou : prison (espèce à trois dimensions).
Il y a un plan astral avec des
êtres astraux, pourvus d'un corps astral et dont la surface plane est le
logement nécessaire (espèce à deux dimensions).
Il y a un plan spirituel avec des
esprits pourvus d'un corps spirituel et dont le point mathématique est le
logement nécessaire (ici le temps et l'Espace n'agissent plus).
Voyons maintenant comment on peut
étudier, dans leur plan respectif, les forces physiques, astrales et
spirituelles. Nous nous bornerons à quelques idées générales très suffisantes
pour le but que nous poursuivons.
II
Les Forces dans les trois Plans
Les forces physiques sont faciles à
étudier, puisqu'elles fonctionnent sur notre plan.
On pourrait s'occuper au choix soit
des forces hydrauliques avec leurs gros organes, depuis la roue du moulin
jusqu'à la conduite de l'usine moderne de "houille blanche".
On pourrait aussi bien étudier la
vapeur d'eau circulant dans sa mince tuyauterie.
On pourrait encore décrire
l'électricité en circulation dans les fils métalliques.
Ce sont toutes des modalités de la
force physique.
En générale, cette force présente
les caractères suivants
1° Nécessité d'un conducteur
matériel ;
2° Dynamisme en rapport avec la
condensation ou matérialisation de la force ;
3° Modifications produites sur la
matière inerte par l'action des forces matérielles.
L'étude dune force astrale peut se
poursuivre en suivant les modalités de la Lumière du Soleil agissant sur la
Terre.
Cette force est d'abord animée d'une
vitesse de déplacement considérable (quelque 300.000 kilomètres par seconde).
Elle traverse ainsi d'immenses espaces avec la plus grande rapidité.
Cette force ne devient dynamique que
si on la condense au moyen d'une résistance. Des miroirs permettront d'en
retirer de la chaleur effective, on pourrait aussi, au moyen de condensateurs
spéciaux, en retirer de l'électricité, mais, normalement, la lumière du Soleil
traverse le verre sans le casser et indique ainsi le caractère d'une force
astrale qui est de traverser les forces matérielles sans troubler ces
dernières.
Enfin, comme la force solaire est
la même que la force vitale qui circule dans tous les êtres vivants, cette
force solaire est un puissant reconstituant physiologique.
Tels sont les caractères généraux
d'une force astrale.
Nous n'avons pas à discuter ici
l'origine réelle de la lumière solaire. Que cette lumière vienne réellement du
Soleil, comme l'enseigne l'Astronomie actuelle, qu'elle soit au contraire
produite dans l'atmosphère de notre planète par une émanation, de force solaire
neutre et qui se transforme en lumière, chaleur, électricité au contact de
chaque planète, peu importe. Ce qui nous intéresse actuellement, c'est de
suivre une force astrale en action sur la Terre. Pour le reste, les savants
sont là pour résoudre ces questions d'origine toujours obscures et toujours
trop techniques pour être abordées dans une étude toute élémentaire.
Les forces du plan intellectuel et
spirituel sont encore peu connues des contemporains. Les collèges initiatiques
de l'Antiquité et certaines sociétés mystérieuses de l'Inde, de l'Islam et
aussi de l'Occident en ont eu des notions précises.
Les forces de ce plan agissent en
dehors du Temps et de l'Espace. Elles se transmettent instantanément d'une
planète à, l'autre aussi bien qu'en deux points très éloignés de la Terre.
Pour se manifester, ces forces ont
besoin d'un point d'appui matériel. Elles utilisent en général les organes
nerveux et le cerveau des êtres vivants.
C'est donc une erreur de croire que
des "chaînes de volonté" peuvent agir directement sur des événements
sociaux.
Des chaînes de lumière physique
pourraient aussi bien s'efforcer de briser des vitres matérielles. La lumière
traverse la vitre sans rien détruire, la Pensée traverse les clichés astraux
sans influence directe.
Il est donc très important d'éviter
cette erreur de l'action des forces spirituelles sans outil matériel.
Jeanne d'Arc n'aurait rien pu faire
sans une armée. Cette armée a accompli des miracles dès sa constitution, mais
elle était nécessaire, parce que sur le plan matériel on ne peut agir
dynamiquement qu'au moyen des forces matérielles.
Un être humain passé dans le plan
spirituel n'a plus aucune action directe sur la matière. Il passe à travers les
objets comme la lumière à travers le verre et il lui faudra utiliser des outils
spéciaux comme la force vitale d'un médium humain, ou des résistances
particulières comme le verre et le bois, pour se mettre en contact avec ce plan
matériel dont il est si éloigné.
III
Les Communications
entre les divers Plans
Faire passer un être d'un plan dans
un autre est un acte dans lequel il faut contrarier momentanément les lois de
la Nature. Voilà pourquoi ce genre d'expériences est délicat, dangereux, et
plein de pièges et de fraudes.
Pour donner une idée claire du
problème à résoudre, nous rappellerons dans quelles conditions des êtres
physiques peuvent se trouver dans des sections du plan physique différentes
pour chacun d'eux de leur plan d'existence normale.
Ainsi, voilà un poisson qui ne peut
vivre que dans l'eau. Si nous voulons le placer dans l'air qui est l'élément où
nous hommes, nous vivons, nous allons être obligés de trouver un intermédiaire
entre l'air et l'eau, qui, dans le cas de notre poisson, sera un réceptacle de
verre contenant de l'eau.
Mais si nous voulons à notre tour
aller visiter le pays des poissons, il nous faudra un intermédiaire, renfermant
de l'air qui est notre pays, notre plan, et cet intermédiaire sera un costume
de scaphandrier, qui sera pour nous comme le bocal pour le poisson.
Ces images sont destinées à faire
comprendre que, pour faire passer un être du plan astral, comme un mort, ou
mieux comme l'Esprit d'un être mort à la Terre, dans le plan physique, il
faudra trouver les intermédiaires nécessaires.
Ces intermédiaires sont constitués
par des forces vitales mises à la disposition de l'Esprit évoqué et par des
objets matériels sur lesquels l'Esprit puisse condenser les forces mises à sa disposition.
Un peu d'histoire nous semble ici
indispensable.
Vous rappelez-vous l'histoire
d'Ulysse racontée par Homère. Voulant demander un conseil à son vieil ami
Tirésias, prophète de son métier, Ulysse s'informe et apprend que Tirésias est
mort.
Tout autre aurait laissé là tout
projet de conversation, mais le héros d'Homère ne s'arrête pas pour si peu.
Il est mort ? Bien ; je vais le
faire revenir.
Ulysse descend donc dans les plans astraux
que les anciens appelaient les lieux inférieurs, Infera, les Enfers.
Là, il prépare son expérience.
(Relisez-la dans le texte.) Il trace avec son épée un cercle, figure astrale
qui l'entourera et empêchera les êtres du plan astral de l'approcher de trop
près.
Ensuite Ulysse met en jeu la force
chargée d'être l'intermédiaire entre les deux plans. Cette force, c'est le sang
d'un chevreau égorgé dans le cercle.
Voilà la force médianimique ou
médium de tous les initiés de l'Antiquité, le sang ou la force visible des
Animaux.
Les fluides qui s'échappent du sang
attirent les esprits en foule. Ulysse les écarte du cercle avec son épée. Il
permet au seul Tirésias de humer les fluides vitaux du sang. Tirésias se
matérialise alors, il parle et, passé pour un instant, du plan astral ou
invisible, dons le plan physique ou visible, il donne à Ulysse les conseils
nécessaires.
IV
L'Expérimentation.
- Union du Visible et de
l'invisible. -
Les Erreurs et les Pièges
Dès qu'on perçoit la notion qu'il
est possible de communiquer d'un plan à l'autre, aussitôt les espoirs les plus
fous prennent naissance. On se figure qu'avec un intermédiaire humain ou médium
quelconque le voile va, tout de suite, être levé et qu'on aura des paroles ou
des nouvelles du cher disparu.
Certes non, cela n'est pas si
facile que peuvent se le figurer les enthousiastes de la première heure qui
vont au devant de désillusions certaines et de bien cruels désespoirs.
Comme il s'agit ici d'une
expérience de science véritable, il faut procéder avec beaucoup de méthode. On
peut en effet communiquer sans difficultés avec le cerveau du médium, que ce
médium soit endormi ou non. Cette communication pourra se faire, entre autres,
au moyen d'un objet mauvais conducteur de l'électricité ou du fluide vital qui
suit à peu près les mêmes lois ; par exemple au moyen d'une table de bois, qui
remplace la baguette des anciens, le médium unit et condense la vie du
consultant à la sienne. Alors les pensées du consultant se reflètent par
l'intermédiaire du médium et la table dit le nom, l'âge, le petit nom du
défunt... Cependant le disparu n'a rien à voir dans cette affaire.
Qu'on nous pardonne de parler de
choses qui vont sembler bizarres, mais la nécessité d'éviter des désillusions
nous y pousse. Il s'agit ici des "clichés astraux".
Toutes nos actions, bonnes ou
mauvaises, flottent autour de nous et autour des objets qui nous environnaient
quand nous avons accompli ces actes. Nous apparaissons alors aux yeux des
voyants, comme l'acteur d'un cinématographe produisant des scènes en couleurs.
C'est là ce qu'on appelle des "clichés astraux".
Le médium peut évoquer une de ces
scènes et le consultant se figure qu'il est en relations avec le défunt, ce qui
n'est pas exact.
C'est donc en procédant par
élimination, comme l'ont fait les savants que se sont voués à ces études, qu'on
parvient à établir un lien certain entre les êtres de la Terre et les Esprits
de ceux qui ont jadis vécu ici-bas.
La communication par médium est
donc moins sure que la manifestation par les Songes, et c'est toujours à cette
dernière que nous donnons la préférence.
Nous incitons les chercheurs
sérieux à lire la collection des Annales des Sciences Psychiques, dont M. de
Vesme est directeur, et les ouvrages sur le Spiritisme et les Apparitions
Matérialisées, de Gabriel Delanne. Après ces lectures, on sera bien en
possession de toutes les difficultés du problème et on comprendra mieux nos
avertissements.
V
La Foi active et la Prière
La communication entre les vivants
et les morts est en effet une chose si sacrée, qu'il faut bien se garder de la
tenter à la légère. Certes, elle existe, elle est évidente, mais elle ne doit
jamais être que la récompense accordée à la bonté, à la bonne volonté. Tout
être humain qui a compris quelques parcelles des lois spirituelles n'essaiera
pas volontairement d'appeler un disparu par crainte de lui porter un préjudice
réel ; par crainte aussi d'aller aveuglément à la rencontre de cruelles
désillusions.
Que faut-il donc faire ? ou plutôt
que, pouvons-nous faire pour élucider ce problème en apparence insoluble ?
Il y a deux voies : l'une
indirecte, l'autre directe. Dans la première, nous pouvons, par la lecture et
l'étude des ouvrages spéciaux, arriver à une sorte de croyance intellectuelle,
à une sorte de foi raisonnée. Le nombre réellement énorme de faits bien
constatés, l'autorité qui s'attache au nom de certains chercheurs, peuvent
déterminer dans nos cellules cérébrales une sorte de réceptivité, favorable des
faits que nous pourrions avoir à constater par nous-mêmes.
Mais la deuxième voie, la voie
directe et personnelle, est de beaucoup préférable. Deux grands mots, deux
grandes lumières illuminent ce chemin : la Foi active, la Prière.
La Foi, c'est l'intelligence du
cœur. C'est la perception, par un autre organe que le cerveau, d'une vérité
quelconque que ce dernier ne peut atteindre par lui-même, mais qu'il peut
refléter dès qu'il est illuminé par les lumières du cœur. Une caractéristique
de la connaissance par la Foi, c'est l'absence absolue du doute, la certitude sans
ombres. Tandis que toute connaissance purement mentale ne peut arriver que
rarement à cette certitude entière.
On pourrait comparer le cerveau à
un rouleau de phonographe sur lequel seraient, inscrites d'innombrables notions
diverses ; à la moindre excitation, ce rouleau se met en mouvement et présente
l'une quelconque de ces notions, et cela, sans fin, tant qu'il dure. Si donc,
nous voulons arriver à une certitude concernant la survie et les communications
entre les vivants et les morts, par une voie strictement mentale, nous aurons à
vaincre des objections toujours nouvelles, présentées à notre conscience par
notre cerveau.
Au contraire, calmons notre mental
en l'illuminant par la foi active ; toute une série d'organes se développeront
en nous, capables de connaître la vérité de la survie aussi nettement que nos
yeux ont conscience du Soleil par un beau jour d'été. Nous saurons alors, sans
discussion possible, que notre moi ne fait, à la mort du corps, que changer de
véhicule, d'instrument, et qu'il est éternel. A ce moment, les faits observés
seront réellement utiles et féconds.
Pratiquement donc, évitons, ou tout
au moins ne faisons qu'avec la plus grande prudence une évocation d'un disparu.
Recherchons le sentier de la Bonté, de la Charité ; il nous amènera sûrement à
la communication consciente et sans danger, dans le songe d'abord dans d'autres
états ensuite, avec ceux que nous avons réellement aimés en Dieu.
Et j'ai prononcé aussi le mot de
Prière, mot si mal compris, chose si peu connue.
Je sortirais des limites que je me
suis tracées en m'étendant sur ce chapitre ; qu'il me soit permis cependant de
dire que la prière est la clef vivante universelle. Par elle, l'homme plongé
dans les ténèbres les plus complètes, peut espérer revoir enfin la lumière qui
brille éternellement au sommet de la Colline Sainte.
Par elle s'ouvriront pour lui les
livres fermés à la vie, de la mort et de la renaissance.
Par elle, l'épreuve deviendra
supportable et les roses paraîtront sous les ronces du chemin.
Par elle, enfin, l'homme pourra
soulever un jour le voile qui sépare la vie de la mort, et, dès qu'il en aura
la force, apparaîtront les bien-aimés qu'il croyait perdus à jamais.
Apprenons donc à laisser s'échapper
de notre cœur cette force vivante et demandons la foi active devant laquelle
toute obscurité disparaîtra.
CHAPITRE IV
SECTION DU TAUREAU
Qu'est-ce que la mort pour le
Philosophe ?
- Les Morts sont des voyageurs. -
- La Mort pour la Patrie.
I
Qu'est-ce que la Mort pour le
Philosophe ?
Le changement qu'on croit apporté
dans les conditions d'existence de l'être qui meurt dépend surtout des idées
qui circulent dans le cerveau de ceux qui continuent de vivre sur Terre. L'être
qui vient de mourir suit les lois immuables fixées par la Nature et il poursuit
son évolution sans que ses croyances personnelles aient à intervenir. Si, comme
nous le croyons fermement pour notre compte, quelque chose de nous subsiste
dans un autre plan, cela est un fait que nous serons tous appelés, plus ou
moins tard, à constater. Pourquoi donc nous quereller d'avance ?
Les relations physiques se trouvant
coupées entre le mort et les vivants, ce sont ces derniers qui prétendent
trancher la question, et c'est ici qu'intervient la maturité cérébrale de
chacun.
Pour les uns, la Mort est l'arrêt
de tout ce que la Nature a fait jusque-là, Intelligence, sentiment, affection,
tout disparaît brusquement et le corps redevient herbe, minéral ou fumée
suivant le cas.
Pour les autres, la Mort est une
libération. L'Ame, toute lumière, se dégage du cadavre et s'envole vers les
cieux, entourée d'anges et de glorieux esprits.
Entre ces deux opinions extrêmes
existent toutes les croyances intermédiaires.
Les Panthéistes fondent la
Personnalité du Mort dans les grands courants de la Vie Universelle.
Les Mystiques enseignent que
l'Esprit libéré des entraves de la matière continue à vivre pour s'efforcer de
sauver par, son sacrifice ceux qui souffrent encore sur la terre.
Les Initiés des diverses écoles
suivent l'évolution de l'être dans les divers plans de la Nature, jusqu'au
moment où cet être reviendra, et de par son désir, reprendra un nouveau corps
physique sur la Planète où il n'a pas fini de "payer" son dû.
La Mort pour la Patrie libère
l'Esprit presque toujours, d'un retour ou d'une réincarnation...
Que d'opinions, que de disputes,
que de polémiques pour un fait naturel dont nous sommes assurés de voir la
solution !
Mais on nous demandera notre
opinion et, si elle peut intéresser le lecteur, nous dirons en toute loyauté :
les Morts de la Terre sont les Vivants d'un autre plan d'évolution. A notre
avis, la Nature est avare et ne laisse perdre dans le néant aucun de ses
efforts. Un cerveau d'artiste ou de savant représente des années et des années
de lente évolution. Pourquoi cela serait-il brusquement perdu ?
Laissons chacun digérer en silence
ses idées personnelles. Astra inclinant, non necessitant. Montrons ce que nous
croyons être la route, ne forçons personne à s'y engager.
II
Les Morts sont des voyageurs
momentanément absents
Quand un de vos proches parents est
en voyage dans une contrée éloignée, vous le suivez par, la pensée et votre
cœur est calme. Nous voudrions donner au lecteur cette sensation que nos morts
ne sont pas disparus à jamais ; ce sont des voyageurs d'un autre plan, mais ils
parcourent un pays où nous irons tous normalement, si nous évitons le désespoir
et le suicide.
"Le ciel est là où l'on a mis son
cœur", dit Swedenborg. Or, Notre Seigneur Christ, dont le nom est écrit
dans le ciel depuis la création de la Terre, est un Sauveur dans tous les Plans
et non un bourreau. Lui qui connaît les angoisses et toutes les douleurs, il
s'efforce de réunir dans son amour, et ceux qui pleurent ici, et ceux qui
voudraient "là-bas " crier : " Mais ne vous désespérez pas, nous
sommes là et notre amour vit en vous par vous... "
Il est clair que, de même qu'il n'y
a pas sur Terre uniformité d'occupations et de rang social, il n'y a pas de
règles fixes pour l'évolution dans ce que nous appelons le Plan Invisible.
Après une période plus ou moins longue
de sommeil, sans souffrances, puisqu'il n'y a plus de matière terrestre,
l'Esprit s'éveille et commence sa nouvelle existence.
Il s'attache tout d'abord à ceux
qu'il a laissés sur terre et cherche à communiquer avec eux par le songe ou par
un intermédiaire quelconque, s'il en trouve.
Il ne faut pas forcer les
communications entre les divers plans, qui sont toujours délicates et peuvent
présenter certains dangers. Quand, après un désir sincère, ou une prière
ardente, accompagnée d'un acte de charité physique, morale ou intellectuelle,
il est permis à l'Esprit de se manifester, cela a toujours lieu de manière à ne
pas épouvanter l'être terrestre.
Au contraire, si on veut forcer les
communications, on risque d'être trompé par le cerveau du médium qui, inconsciemment,
répète les idées chères au consultant, ou par des images du disparu,
photographies animées flottant en astral, ou par des êtres qui se servent du
médium pour accaparer, un peu d'existence matérielle.
Il faut donc savoir attendre des
nouvelles du voyageur. Il faut demander avec calme d'obtenir la certitude de
son existence effective... là-bas, et puis penser beaucoup au voyageur,
l'aimanter d'amour et non de désespoir et de larmes, et alors, tout doucement,
le voile se lèvera, un doux murmure remplira le cœur, le frisson de la présence
de l'au-delà apparaîtra, et peu à peu un grand mystère sera révélé. A ce
moment, il faut savoir se taire, ne pas livrer son secret aux profanes ou aux
profanateurs.
Espérer, prier, avoir confiance
dans le Sauveur et dans la Vierge de Lumière, telle est la voie qui conduit à
la paix du cœur.
III
La Mort pour la Patrie libère tout
de suite l'esprit de toute souffrance
La plupart des êtres humains ont
une existence partagée en deux sections. D'une part, chaque homme s'occupe de
sa vie personnelle et de celle de sa famille ; quand il en a une ; d'autre
part, ce même homme exerce une profession ou une fonction utile à la
collectivité.
En général, c'est la fonction
extérieure utilisée par la collectivité qui procure les moyens matériels
nécessaires à la vie personnelle et à celle des proches. Cette loi des deux
plans d'existence : personnelle et collective, est commune à toute la Nature.
Ainsi un astre comme notre Terre a
une vie personnelle (si l'on considère comme la vie d'un astre ses mouvements)
caractérisés par sa rotation sur lui-même et une vie collective où l'astre
n'est plus qu'un rouage de l'Univers quand il circule autour d'un Soleil.
Pour en revenir à l'être humain, il
pourra changer de plan, c'est-à-dire en langage vulgaire : mourir, pour trois
raisons principales :
1° Pour lui-même, quand il meurt
célibataire, sans proches et d'un accident ou d'une maladie banale ;
2° Pour les siens, quand il est
amené à se sacrifier pour sauver sa famille ;
3° Pour la collectivité, quand il
se sacrifie volontairement pour le salut ou la défense de sa patrie.
Dans chacun de ces cas, le
changement de plan s'effectue avec des modalités différentes.
Le départ qui termine une existence
de pur égoïsme est lent, et le dégagement laissé aux forces personnelles est
plus douloureux.
Par contre, tout sacrifice est
équilibré par une assistance immédiate de forces intelligentes des plans de
dégagement. Appelons ces forces : Esprits, Anges, Ames de la Patrie, Idées
forces, qu'importe, puisque les noms ne font rien à l'affaire. Ce qu'il
convient de savoir, c'est que celui qui meurt pour les autres est libéré de
toute souffrance physique et dégagé de toute angoisse morale dès qu'il a changé
de plan.
C'est là une application des lois
universelles que l'être humain subit comme tous les êtres vivants car, pour la
Nature, dans son impassibilité, un homme n'a souvent pas plus de valeur qu'une
tige de blé, bien que l'orgueil de l'homme soit souvent incommensurable.
EPILOGUE
Vision de Lumière : La Mort du
Héros
Un choc brusque... un afflux de
sang au cœur... le défilé inattendu de grands événements de la vie terrestre...
un évanouissement lent, ou mieux un doux sommeil... le calme et l'ombre... Le
brave garçon vient d'être tué par une balle, alors qu'il s'était élancé à
l'assaut...
Des voix autour de lui, un paysage
de lumière, des êtres de lumière aussi dont les corps se déplacent comme s'ils
avaient des ailes... sa grand'mère qui l'a élevé et dont le visage est devenu
si jeune... puis des voix consolatrices et de belles figures comme dans les
images : des Anges ou des Saintes peut-être ?
Dans quel état se retrouve donc le
combattant de tout à l'heure ? Où est-il ? Quels sont ces paysages étranges où
tout est lumière ? Son corps lui-même est lumineux, effilé et se déplace, sans
toucher aucun sol, sur le désir de sa volonté... Il est guidé du reste par tous
les êtres qui l'entourent et qui chantent sa venue...
"Ma mère, je veux revoir ma mère !"
Aussitôt, guidé par un esprit
lumineux, le combattant s'enfonce dans les ténèbres. Il se trouve brusquement
dans le cher logement de jadis, mais il ne peut rien saisir... il passe à
travers les murs, comme à travers tous les objets... et personne ne perçoit sa
présence.
Il voit sa chère mère angoissée...
il se précipite vers elle... et cet élan d'amour fait un miracle... Sa mère le
voit, mais elle s'évanouit en criant : "Mon fils, mon fils est mort... il
vient de m'apparaître..."
Alors l'Esprit de l'enfant, reste
autour de l'être chéri laissé sur la Terre, il veut lui dire que la Mort n'est
pas une souffrance pour lui, que le désespoir de ceux qui pleurent son départ
est le seul trouble qu'il ait connu... mais les paroles ne sont pas entendues.
Seulement le rayonnement de son
amour entoure de lumière le bel être invisible de cette femme qui a donné son
fils à la Patrie, et qui, se souvenant du martyre de Marie, la mère de N.-S.
Jésus, demande au ciel la force de supporter cette atroce douleur.
La nuit suivante, l'enfant peut
enfin communiquer dans un songe avec sa mère aimée et lui dire : " Ne
pleure pas ; car je suis toujours près de toi : ceux qu'on croit les morts,
sont les guides de là-bas... Courage et espoir, quand ta tâche sera finie sur
Terre, je viendrai te chercher, comme grand'mère est venue pour moi.
Sèche tes larmes et sois forte : tu
as bien mérité du Père, sois bénie. "
Charitas
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